
Au 18éme siècle, la Russie n’était pas impliquée dans le marché aux esclaves et il n’y avait, par conséquent, pas de discrimination raciale à l’égard des africains en Russie.
Néanmoins, le rapport que Pouchkine entretient avec son origine africaine et le regard de la société russe qui le considère comme un représentant de la race nègre a sensiblement influencé l’univers spirituel du poète.
Le meilleur des écrivains russes post-Pouchkine, celui-là même que le philosophe Nietzsche considérait comme un laser, un scanner de l’âme humaine sinon de l’âme russe s’il en fût, Fédor Dostoïevski est l’ancêtre originel d’une fâcheuse omission.

Dans son fameux discours sur l’universalité de Pouchkine, Dostoïevski semble beaucoup attendre de la “troisième partie de l’œuvre” du poète, dont manifestement “Le Nègre de Pierre Le grand” fait partie... Or voici que ce grand admirateur d’Eugène Onéguine fait l’impasse sur le “corps noir” et la “divine négrité” du “soleil russe”, inaugurant "à-l’insu-de-son–plein-gré" le rituel tant de fois observé dans les célébrations de 1999.
De ce constat est né l’idée que l’histoire des représentations euro-africaine reste à écrire. C’est tout naturellement, à travers le génie de Pouchkine, que nous avons entrepris cette production qui pourra en être le premier volet d’une grande aventure cinématographique à venir.
Ce film est né de cette ambition. La modernité de Pouchkine nous entraîne sur une réalisation qui ne pourra qu’être que singulière.
